Quelques
articles que ABI a mis de coté pour nous tous !:) |
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Télé
Star 4 juillet 1991 Télé Star 1990
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Le Roi Des Beatniks
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Beatniks ou clochards ? En 1966, les Français ne font guère la différence… « Ces garçons et filles confondus, qui déferlent dans les rues de plus en plus nombreux et qui trouvent plus facile de mendier que de travailler, nous inspirent une certaine gêne, une certaine inquiétude », lit-on dans un journal de l’année. Alors, quand un de ces beatniks devient vedette - avec « La poupée qui fait non » -, quelle révolution ! Un éditeur visionnaire a découvert ce guitariste famélique sur les marches du Sacré-Cœur. Il y faisait la manche. Bientôt, on en sait un peu plus sur le jeune surdoué médaillé de solfège à 11 ans au Conservatoire, et fils d’un musicien de variétés d’origine russe. Toutes les jeunes filles s’amourachent du frêle androgyne qui choque avec sa chanson « J’aimerais simplement faire l’amour avec toi », interdite d’ORTF avant 22 heures ! « Du jamais entendu », s’exclament les commentateurs. L’époque a trouvé son chanteur. Le roi des beatniks se cache déjà…mais juste derrière son piano ! |
Monsieur Polnareff, nous l’aurons remarqué, est carrément branché sur le…sexe.
« En fait, je me penche sur des ébats cérébraux. Je me suis basé sur le texte du livre du Kama-Sutra, plus que sur ses illustrations. Evidemment, je ne pouvais pas m’empêcher de jouer avec les connotations sexuelles. Le sexe fait partie de la vie, non ? »
Même réflexion au sujet de ses anciennes provocations. « Je ne me suis jamais trouvé provocateur . »
Un empêcheur de tourner en rond, certainement. Quand il « affiche » son postérieur en octobre 72, annonçant spectaculairement son Olympia ( quel scandale !), il… « innovait ».
« Du coup, toutes les données de la grand-messe, étaient faussées. L’important : rester suffisamment révolté afin de continuer à créer. »
Etranger à l’univers des émissions de variétés
Plus que jamais enfant terrible, il invente aujourd’hui la chanson…majuscules.
Exemples : « LHO LNA, LAOTCO, OGACAPCO, GCD, GCD » ( comprenez, « Elle a chaud Héléna », etc !)
S’il évoque le drame du sida -« Toi et moi » -, c’est de façon légère, en essayant surtout de ne pas faire la leçon aux jeunes générations.
A celles-ci, comment décrirait-il le « beatnik » qu’il fut hier ?
« Comme un mec bien . Frustrant de parler du passé. Je ne peux rien y faire. Les seules choses que je puisse changer sont le présent et le futur. »
Les nostalgiques se rattraperont avec les récentes rééditions en CD, chez Musidisc-AZ, du « Bal des Lazes» et autres classiques comme « Âme câline ».Le futur (peut-être) : une scène parisienne, très souhaitée, et un show télé, qu’il aimerait se voir confier.
« Dans les émissions de variétés typiques, je ne me sens pas très à l’aise. J’apprécierais d’y apporter mon environnement. Impossible ! Je ne tiens pas à appartenir à l’univers d’un présentateur »
confie ce téléspectateur, fidèle surtout aux J.T, au foot et à la boxe. Au programme de son actualité, jusqu’à nouvel ordre : « Je me cache, donc je suis. »
Polnareff hors du temps ! Donc hors du vieillissement. CQFD ! Voilà son secret : il nous impose l’image du chanteur superstar d’avant 1973.
Polnareff 90 fait-il rêver, « J’espère », conclut-il. 22h30. L’interview est terminée. Il nous invite à le suivre au bar anglais. Vers minuit, nous quitterons un type quand même assez bizarre. Pour lui, la « journée » semble commencer…
MICHAËL DE MONTZLOV