Michel Polnareff
"
J'ai failli devenir aveugle"

PHOTOS MELLOUL/SYGMA

Ruiné, menacé par la cécité le chanteur s'était exilé aux États-unis. Michel Denisot l'a retrouvé. Une bouleversante confession ...

 

Un album live

Michel Polnareff sort en France un album à la fin du mois de mai. Un concert live qu'il a enregistré en automne 1995 au Roxy,un très célèbre club de Los Angeles. Dans "Live at the

 ROXY",on retrouve ses plus belles chansons, mais influencées par le jazz amé­ricain. On pourra revoir le chanteur sur MG, le 23 juin,

en compa­gnie de laurent Boyer, dans " Fréquenstar ".

 

Assis dans un énorme fauteuil rouge en plein désert de Mojave, entre Los Angeles et Las Vegas, le visage serein, Michel Polnareff scelle sa réconciliation avec sa propre personne en se racontant devant la caméra. Ses peurs, sa vie, les femmes et, surtout, son difficile combat contre lui-même depuis vingt ans : « J'ai longtemps été perplexe, dit-il d'emblée. Devais-je rester en vie ou pas ? Je suis contre le suicide, mais j'avais terriblement peur de l'opération des yeux que je devais subir. Je me suis défendu avec l'alcool. J'ai traversé une longue période de lâcheté. Un jour, mon médecin m'a déclaré : "Vous serez aveugle dans trois mois!" Je ne pouvais plus reculer. » Aujourd'hui, Michel Polnareff résume avec une forme d'humour les noires périodes de sa vie, comme celle où il était resté enfermé huit cents jours au Royal Monceau, à Paris. «J'ai quitté l'hôtel le 801' jour avant midi pour ne pas avoir à payer une journée supplémentaire », sourit-il.

Son opération est une réussite

L'escroquerie dont il a été la victime (son homme d'affaires avait détourné son argent et omis de déclarer ses impôts) le laisse toujours amer. « J'ai retrouvé sa trace, j'ai même pris un fusil, avoue-t-il. Mais ces gens-là sont des pauvres mecs. »

A présent, il voit, son opération a réussi. Mais il préfère rester à Los Angeles où il se sent plus libre pour continuer sa renaissance, avant de revenir chanter en France. «Je suis un peu comme un boxeur qui remet les gants. J'ai cru que j'étais mort; désormais, je sais que je suis vivant! » On ,l'attendra .

Véronique Castillo.